Fortes chaleurs : Les obligations de l'employeur applicables depuis le 1er juillet 2025
Les fortes chaleurs ne relèvent plus de l’exception. Avec le décret entré en vigueur le 1er juillet 2025, les obligations des employeurs ont été renforcées afin de mieux protéger les salariés face aux risques liés aux épisodes caniculaires.
Un cadre réglementaire enforcé
Le Code du travail impose toujours à l’employeur une obligation générale de sécurité. Depuis 2025, cette obligation est davantage structurée autour de l’anticipation des épisodes de chaleur, en lien avec les niveaux de vigilance météorologique.
L’employeur doit désormais intégrer explicitement le risque « fortes chaleurs » dans sa démarche de prévention, notamment dans le DUERP, avec des mesures graduées selon l’intensité de l’épisode.
Les seuils de vigilance : un repère clé
Le dispositif s’appuie sur les niveaux de vigilance de Météo-France :
- Vigilance verte : situation normale, sans risque particulier.
- Vigilance jaune : pic de chaleur ponctuel ou début d’épisode, nécessitant une attention accrue.
- Vigilance orange : canicule avérée avec risque sanitaire important.
- Vigilance rouge : canicule extrême avec impact majeur sur la santé publique.
Depuis le décret de 2025, ces niveaux ne sont plus seulement indicatifs : ils déclenchent des obligations d’adaptation concrètes pour les employeurs.
Des mesures à adapter selon le niveau d’alerte
L’employeur doit ajuster les conditions de travail en fonction du niveau de vigilance :
- Dès la vigilance jaune : information des salariés, rappel des consignes (hydratation, pauses), surveillance accrue des personnes vulnérables.
- En vigilance orange : aménagement des horaires (travail plus tôt ou plus tard), augmentation des pauses, réduction de l’intensité des tâches physiques, mise à disposition renforcée d’eau fraîche.
- En vigilance rouge : réorganisation profonde de l’activité, pouvant aller jusqu’à la suspension de certaines tâches si les conditions de sécurité ne sont plus garanties.
Des obligations matérielles précises
Le décret insiste également sur des mesures concrètes :
- Mise à disposition d’au moins 3 litres d’eau par jour et par salarié en cas de forte chaleur (notamment dans le BTP).
- Accès à des espaces de repos rafraîchis ou ombragés.
- Mise en place de moyens de ventilation ou de rafraîchissement adaptés.
- Fourniture d’équipements de protection (couvre-chef, vêtements respirants, protection solaire).
Une attention particulière aux postes à risque
Les travailleurs exposés (extérieur, milieux confinés, chaleur industrielle) doivent faire l’objet de mesures spécifiques :
- Évaluation du risque thermique (température, humidité, effort physique).
- Rotation des équipes pour limiter l’exposition.
- Surveillance des signes de coup de chaleur.
Dans certains cas, des indicateurs comme la température ressentie ou des indices de contrainte thermique peuvent être utilisés pour décider de l’arrêt d’une activité.
Le rôle central de la prévention
L’employeur doit également :
- Former et sensibiliser les salariés aux risques.
- Mettre en place des procédures d’alerte en cas de malaise.
- Associer les représentants du personnel aux mesures mises en place.
L’anticipation devient un élément clé : les entreprises sont encouragées à prévoir des plans « fortes chaleurs » activables rapidement.
Une responsabilité engagée
En cas de manquement, la responsabilité de l’employeur peut être engagée, notamment si un salarié est victime d’un accident ou d’un malaise lié à la chaleur.
Les contrôles de l’inspection du travail sont renforcés durant les périodes estivales, et l’employeur a un délai de 8 jours pour se conformer aux exigences après une mise en demeure par l’inspection du travail.
Dans le secteur du BTP, les épisodes de canicule sont reconnus comme un motif de « chômage-intempéries » dès lors que le seuil de vigilance orange de Météo France est atteint.
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051676074
https://travail-emploi.gouv.fr/publication-du-decret-relatif-la-protection-des-travailleurs-contre-les-risques-lies-la-chaleur

